AG TOTAL A PARIS

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AG TOTAL A PARIS

Message  BAITIJM le Dim 15 Mai 2011 - 9:52

vu sur le site canadien : www.ledevoir.com

Paris — Interpellé sur l'exploitation par Total des sables bitumineux du Canada, le patron de la compagnie pétrolière française Christophe de Margerie a invité hier une Amérindienne à «changer les lois» de son pays.

Lors de l'assemblée générale des actionnaires de Total, une jeune femme se disant membre d'une tribu amérindienne du Canada a interrogé le patron de Total sur le projet Joslyn d'exploitation des sables bitumineux dans la province de l'Alberta. «Le projet de Total est l'un parmi des centaines d'autres dans la région, contribuant à la destruction de notre terre, notre eau et notre air», a-t-elle déclaré en anglais. «Mon peuple dépend de ces ressources [...] et vous êtes actuellement en train de les détruire», a-t-elle ajouté.

Le permis de Joslyn doit être exploité par des techniques minières, en deux phases de développement de 100 000 barils par jour chacune. «Sachez que pour obtenir les autorisations pour pouvoir développer le champ de Joslyn, on a déposé un rapport qui fait 4000 pages sur lequel on répond à toutes les questions point par point», a répondu Christophe de Margerie. «Je vous respecte et j'aimerais bien que vous respectiez le pays dans lequel vous travaillez qui s'appelle l'Alberta, le Canada, et qui a des lois.»

«Nous, nous respectons les lois de votre pays, ce sont des pays démocratiques. Si vous pensez qu'il faut changer les lois de ces pays, faites-les changer pour votre camp et ne venez pas chez Total nous faire un cours sur ce que, visiblement, vous n'arrivez pas à faire accepter à vos propres autorités», a-t-il conclu sous les applaudissements d'actionnaires.

Sur le dossier gaz de schiste, le groupe pétrolier français veut trouver «une solution», en assurant que cela était possible à réaliser «de manière propre». Christophe de Margerie a dit regretter l'interdiction mercredi par l'Assemblée nationale de la technique de la fracturation hydraulique utilisée pour exploiter ces gisements de gaz non conventionnels.

«Interdire pour interdire sans savoir, ce n'est peut-être pas le siècle des Lumières», a-t-il critiqué.

«Ce qui a été voté n'exclut pas la possibilité pour les compagnies de rester titulaires de leurs droits miniers, ce qui est d'ailleurs assez habile de la part» des auteurs du texte, a cependant remarqué le p.-d.g. de Total. «Pour l'instant, nous restons titulaire de permis d'exploration, mais on ne fera pas de fameux puits à fracturation hydraulique», a-t-il précisé.

M. de Margerie a estimé qu'il fallait «trouver une solution dans les années à venir pour pouvoir faire en France ce que même la Suède, même le Danemark — qui sont quand même des pays connus pour leur sensibilité environnementale — ont accepté». «On va garder nos droits et puis faire en sorte qu'un jour les gens comprennent qu'on puisse faire de la fracturation hydraulique de manière propre», a poursuivi le patron de Total.


BAITIJM

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