Foix. Privés d'eau potable depuis un mois

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Foix. Privés d'eau potable depuis un mois

Message  Ann Aufau le Dim 26 Juin 2011 - 18:10

Depuis le 26 mai, les Fuxéens sont au régime sec : la mairie a interdit la consommation d'eau du robinet depuis qu'on a découvert les traces d'un solvant. Le problème pourrait encore durer un mois. Enquête.

http://www.ladepeche.fr/article/2011/06/22/1112875-foix-prives-d-eau-potable-depuis-un-mois.html

Foix, chef-lieu de l'Ariège (10 000 habitants), eau non potable. Depuis que les services de la ville ont découvert de « mystérieuses traces de solvant » - le tétrachloroéthylène -, le 26 mai, les Fuxéens n'ont plus le droit de boire l'eau du robinet. Une situation inédite dans cette petite ville encaissée de l'Ariège, qui draine des milliers de touristes entre juillet et août. Jean-Noël Fondère, le maire socialiste de Foix, est sur les charbons ardents et, dès que la pollution a été signalée, il a mis sur pied une cellule de crise et pris plusieurs décisions, dont une indemnisation de 18 centimes par jour et par habitant. Plus un système de distribution d'eau pour les familles en difficulté.

Hier, en ce premier jour de l'été, par de carafes d'eau sur les tables des restaurants. Toute la population s'est mise à acheter de l'eau en bouteille. Le magasin Casino, place du Champ de mars, assure vendre « quatre fois plus d'eau que d'habitude ». Pour les personnes âgées, c'est du sport lorsqu'il faut monter le pack de dix bouteilles d'eau minérale au troisième étage. La solidarité s'organise. « Nous montons l'eau de Maria, une dame âgée qui habite un appartement près du nôtre. On l'aide quand elle en a besoin », confie Ramon, responsable du bar à vins le « Vertigo », en plein centre de Foix.
Gratuit pour les clients

Le restaurateur a décidé de ne pas faire payer les clients. Il ne tire plus l'eau du robinet et ne sert que de l'eau en bouteille qu'il achète. « Je me fais livrer environ 20 packs par semaine, dit-il. ça représente un budget mais je n'ai pas envie de faire payer l'eau ». L'arrêté municipal du 30 mai, qui interdit la consommation d'eau, a été circonscrit à huit quartiers de Foix et a suscité une vive inquiétude. Le Centre hospitalier du Val d'Ariège, situé en dehors de la ville, a été épargné. « Heureusement, nous avons une unité de gériatrie à Foix mais elle est actuellement en réhabilitation. C'est une chance que les personnes âgées n'y soient pas en ce moment », admet Isabelle Ferrer, chargée de communication de l'hôpital.

Certains Fuxéens suivent l'affaire avec distance. Gérard, gérant d'un snack, avoue « ne plus consommer d'eau du robinet car il y a trente ans, j'ai fait des calculs rénaux». Et certains restaurateurs se veulent rassurants. « Certains clients sont inquiets sur le café et le thé. Une dame m'a refusé un thé pensant que l'eau chaude provenait du robinet, explique Benoit, responsable de la brasserie « Le Rocher » qui se dit inquiet pour la période estivale.
15 sites répertoriés

Dans le cadre de l'enquête sur l'origine de la pollution au tétrachloroéthylène dans la nappe phréatique qui alimente la ville de Foix en eau potable, quinze sites ont été répertoriés comme étant potentiellement polluants. D'anciennes décharges comme celle située à l'emplacement de l'Hôtel des impôts ou encore des entreprises aujourd'hui disparues et dont l'activité permettait l'utilisation de solvants. La mairie organise une réunion publique, lundi 27 juin, pour informer la population des solutions envisagées.

«Actuellement, on sait qu'au moins 20 litres de solvants ont été déversés dans la nappe phréatique». Patrick Gauthier, directeur des services techniques de la ville de Foix
Le chiffre : 15 000

euros>Par semaine.C'est ce coûte à la ville de Foix l'indemnisation de 18 centimes par habitant, décidée en conseil municipal pour compenser le fait que la population doit depuis un mois consommer de l'eau minérale en bouteille.
"Pas de risques élevés"

Où en est-on concernant l'origine de la pollution ?

Gilles Choisnard, délégué territorial de l'Agence régionale de la santé (ARS). Nous sommes impatients de la détecter, mais la priorité des priorités c'est de rétablir l'eau potable pour la population. Cette pollution est assez inhabituelle en France. Il y a des précédents mais pas à des taux de concentration du solvant de cette ampleur. La pollution d'une nappe phréatique ne disparaît pas comme ça.

Quels sont les risques pour la santé ?

Ils ne sont pas très élevés. Il n'y a aucun risque par voie aérienne mais à long terme, on peut évoquer des risques de cancer. Cela peut se matérialiser par des troubles digestifs ou nerveux mais, pour l'heure, ni l'hôpital ni les médecins généralistes n'ont examiné de tels cas. Ce qu'on sait, c'est que ce solvant avait été utilisé, après la guerre, comme vermifuge. ça n'a pas duré à cause des effets secondaires.

Quelle quantité de solvant a-t-on trouvé ?

On pense qu'on est au-delà des 20 litres. Notre préoccupation, c'est de connaître la pollution en terme d'intensité. Si cela durait des années, il faudrait opter pour des interconnexions avec d'autres communes.
Le mystère de l'eau du robinet polluée

Le mot « mystère » est sur toutes les bouches à Foix. Du tétrachloroéthylène dans la nappe phréatique du captage de l'Ayroule, qui alimente la commune en eau potable, c'est du jamais vu ici et même en France, selon un membre de l'Association nationale pour la protection des eaux et rivières (Anper). Dès la découverte de cette pollution lors d'un banal contrôle des services de l'eau le 26 mai, la ville a d'abord interdit la consommation de l'eau du robinet dans huit secteurs. D'une recommandation « de ne pas boire de l'eau » faite aux enfants de moins de 10 ans et aux femmes enceintes, l'interdiction s'est rapidement étendue à l'ensemble de la population. La mairie a ensuite déposé une plainte contre X, mais pour l'heure l'enquête stagne et les élus se sont mobilisés : une cellule de crise a été mise en place avec l'Agence régionale de la santé (ARS) et la préfecture. Deux groupes de travail se sont constitués : l'un s'attache à rechercher l'origine de la pollution, un autre étudie les solutions pour rétablir au plus vite un réseau d'eau potable. Aujourd'hui, les élus devraient décider d'octroyer à une entreprise privée le chantier d'une usine provisoire de traitement de l'eau qui sera installé au niveau du captage de l'Ayroule. La Lyonnaise des eaux et Véolia ont répondu à l'appel d'offres. « C'est pour l'instant la meilleure solution, explique Patrick Gauthier, directeur des services techniques de la ville et de la régie de l'eau. Ce sera un traitement au charbon actif. Le principe est d'installer une sorte de camion-citerne qu'on retourne à la verticale. L'eau entre par le haut et ressort par le bas après avoir été filtrée. » Une solution chiffrée à 25000 euros par mois, Foix a besoin de 2500 mètres cubes d'eau par jour. Acte accidentel, présence d'un solvant utilisée par les industriels du vêtement qui circulerait dans la nappe phréatique depuis les années 70, geste criminel ? Toutes les pistes sont aujourd'hui à l'étude et tous les services de l'État sur le qui-vive. rétablir l'eau potable est la priorité des priorités. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) préconise de procéder à « plusieurs forages pour définir l'origine de la pollution dans la nappe phréatique ». « Combien de temps cela va-t-il durer ? On ne sait pas, concède Patrick Gauthier. Si ça dure deux ans pour dépolluer, on pourra peut-être gérer la crise mais si on en a pour 20 ans, il faudra opter pour d'autres solutions ». Les propriétaires terriens ont été sollicités pour les différents forages et des connexions sur des captages de communes voisines sont aussi examinées.
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